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 Interview Eddy Merckx !

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Dee Michael
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MessageSujet: Interview Eddy Merckx !   Sam 22 Juin 2013 - 15:39

Avant toute chose, comment va votre santé après vous être fait poser un pacemaker en mars dernier ?
Le pacemaker, ça va. Mais j'ai fait une embolie pulmonaire peu de temps après, ce qui est toujours gênant. Je suis actuellement un traitement mais je peux tout de même continuer le vélo.

Cette embolie vous empêche-t-elle de répondre à vos nombreuses sollicitations, notamment à l'étranger ?
Je m'y rends moins mais je reste actif pour certaines œuvres. J'irai bientôt au Mont Ventoux mais malheureusement ma santé ne me permettra pas de le grimper à vélo.

Vous consacrez-vous toujours autant à l'entreprise qui produit les vélos à votre nom ? La marque Merckx est-elle toujours aussi forte ?
Pas depuis que je l'ai vendue en 2008, mais je continue à tester certains modèles, plusieurs fois par mois. Je suis devenu consultant, en quelque sorte. Quant à vous dire si la marque fonctionne, c'est difficile puisque je ne suis plus actionnaire mais il est certain que c'est une période difficile dans tous les secteurs.

Concernant l'exportation de ces vélos, êtes-vous de l'avis de Didier Reynders qui prône la mise en avant des marques "Belgique" et "Bruxelles" à l'étranger ?
Sur tous nos vélos il est inscrit "made in Belgium" et je pense en effet que c'est important que les gens voient qu'il s'agit d'un produit belge.

Parlons du Tour de France qui débute dans une semaine. Comment l'appréhendez-vous ?
Bien ! Il est plus beau que la saison dernière, avec l'ascension du Mont Ventoux et l'Alpe d'Huez à gravir deux fois notamment. Ce sera une belle course malgré le fait que les Pyrénées seront vite derrière les coureurs. Le Tour ne peut de toute façon pas être trop dur dès le début sinon ça fout la course en l'air.

Un favori se dégage-t-il selon vous ?
Christopher Froome. Quand on voit ce qu'il gagne depuis le début de saison, on ne peut que le citer en première position. Contador ? Il a tout de même connu un mauvais passage durant le Dauphiné Libéré mais était relativement présent dans les étapes de montagne. Je pense qu'il faudra compter sur lui.

Froome a déclaré qu'il se verrait bien gagner le Tour "6 ou 7 fois"... (il coupe)
S'il y croit, tant mieux pour lui mais il a déjà 28 ans et cela voudrait dire qu'il remporterait son dernier succès à 35 ans minimum. N'oublions pas que des jeunes coureurs vont éclore d'ici là. Mais il est certain que c'est un bon coureur qui a été freiné par la stratégie d'équipe et le fait qu'il était moins fort que Wiggins en contre-la-montre la saison dernière.

Que dites-vous à ceux qui prétendent que le Tour est devenu trop difficile et pas suffisamment humain ?
Que le Giro (Tour d'Italie) et la Vuelta (Tour d'Espagne) sont plus durs. Mais c'est vrai que d'une manière générale, on a tendance à vouloir du spectacle à n'importe quel prix aujourd'hui. Quand je vois parfois les coureurs emprunter des routes qui ressemblent plus à des pistes de ski qu'à autre chose...

Les performances des champions actuels sont-elles comparables aux vôtres ?
Non, mais c'est valable dans tous les sports. La médiatisation, les budgets, le matériel... tout est différent. La pression est beaucoup plus grande actuellement et la concurrence est plus importante en terme de quantité. On était moins nombreux à courir le Tour à mon époque. Cela fait beaucoup de changements...

Et le spectacle ? Les nostalgiques regrettent de voir des étapes cadenassées jusqu'à quelques kilomètres de l'arrivée, alors que les chevauchées fantastiques étaient plus courantes à votre époque...
Ça dépend. L'oreillette change la donne, c'est sûr. Mais prenons le Tour de France 2012 : il était mal dessiné. Les cols étaient situés trop loin des arrivées et l'édition 2013 devrait être plus nerveuse. Et puis, des monuments comme le Ventoux et l'Alpe d'Huez devraient réveiller le peloton.

Aujourd'hui, parvenez-vous à suivre le Tour de France sans être suspicieux sur les exploits de certains ?
Oui, je regarde la course l'esprit tranquille. Avec le passeport biologique, on a un bel outil pour lutter contre le dopage. Quand on voit le dernier Giro, même avec des quantités réduites, on ne passe plus au travers. Et puis, le dopage est présent partout. Regardez en athlétisme... On peut croire à un cyclisme propre aujourd'hui. Le passeport biologique fait qu'il est devenu impossible de tricher sans se faire prendre. Bien sûr, il y en aura toujours qui essayeront mais, encore une fois, c'est le cas partout et pas seulement dans le cyclisme.

Avez-vous l'impression que le public se désolidarise du cyclisme ?
Le public ? Non. Plutôt les sponsors. Il suffit de voir le monde au bord des routes... Peut-être certains s'y intéressent-ils moins mais dans l'ensemble le cyclisme reste très populaire auprès du public. C'est plus compliqué au niveau des sponsors. La solution miracle ? Ce serait de voir un Tour de France sans cas positif cette saison, c'est primordial pour l'image du cyclisme.

Êtes-vous étonné par les aveux de Lance Armstrong en fin d'année dernière ?
Oui, je pensais qu'il était au-dessus de ça. Il n'avait pas besoin de tricher pour gagner le Tour, je ne comprends pas...

Dans ces années si difficiles, de l'époque Armstrong, il était vraiment possible de gagner le Tour sans dopage ?
Je ne suis pas médecin et de mon temps il n'existait pas de produits qui amélioraient les prestations physiques donc c'est difficile à dire.

Avez-vous encore des contacts avec lui depuis ses aveux ?
Non.

Un autre sujet a fait polémique cette saison : les drapeaux flamands sur le bord des routes...

Je suis un vrai Belge donc pour moi il faut respecter les communautés sans être fanatique. Je préférerais voir le drapeau belge, comme c'est le cas au football. C'est un phénomène récent que de voir la politique et le cyclisme mêlés. Mais le cyclisme se court sur la voie publique donc il est difficile de tout contrôler.

Luc van der Kelen, éditorialiste du Laatste Nieuws, évoquait en début de semaine la peur bleue de Bart De Wever face à Vincent Kompany et au patriotisme qui existe désormais autour des Diables rouges...
Je pense que les sportifs ne doivent pas s'occuper de la politique mais un gars comme Vincent Kompany doit en effet être fier de représenter la Belgique dans le monde. Sa communication permet de montrer une Belgique forte. Mais je vous avoue que la politique est le cadet de mes soucis, ce n'est donc pas à moi de vous dire si De Wever doit redouter les Diables rouges ou non...

Pour en revenir au Tour de France, un grand départ au Qatar a été évoqué. Est-ce un projet réaliste ?
Non, pas pour l'instant. A cette période-là de l'année, cela paraît très difficile. Il faudrait d'abord organiser une course annexe en été mais, au vu des températures au Qatar en juillet, cela me parait compliqué. La distance ? C'est moins gênant, le retour en France peut se faire en quatre ou cinq heures à peine...

Vous ont-ils demandé de soutenir le projet, alors que vous êtes déjà impliqué dans l'organisation du Tour du Qatar ?
On en a parlé mais l'idée a de toute façon été mise au frigo. Je pense que les Qataris sont très occupés avec l'organisation du Mondial 2022 pour l'instant.

Que penser de cette soudaine omniprésence qatarie dans le football ?
Le Qatar adore le football. Mais ils n'ont pas que ça. Il y a le tour cycliste, etc. Il y a beaucoup de cyclables qui ont été créés là-bas et ils ont de nombreux projets sportifs pour les jeunes.

Comment expliquez-vous l'actuelle saison noire du cyclisme belge ?
La chute de Boonen au Tour des Flandres et le marquage à la culotte que subit Gilbert avec le maillot de champion du monde font que les circonstances ne sont pas très favorables. Mais il est clair que d'un point de vue plus général, il faut faire des efforts dans la formation. Il suffit de voir les Etats-Unis qui sortent des jeunes coureurs régulièrement, des gars qui font beaucoup de courses dès qu'ils sont chez les espoirs. On les voit venir concourir en Europe alors que, chez nous, les jeunes se contentent trop des kermesses locales et n'ont pas l'occasion d'évoluer avec les meilleurs espoirs du monde à l'étranger. Du coup, on progresse moins vite, surtout en montagne puisque les dénivelés sont pauvres en Belgique.

La saison blanche de Philippe Gilbert avec le maillot arc-en-ciel n'est-elle pas particulièrement inquiétante ?
Saison blanche, je ne dirais pas. Il a été présent et a fait des résultats. Gagner et perdre, cela tient à peu de choses. C'est évident que la comparaison entre sa saison 2011 et les années 2012-2013 est peu flatteuse mais il reste encore plusieurs courses importantes avant la fin d'année. Les soupçons de dopage ? C'est toujours la première chose qu'on entend dans le cyclisme mais dans d'autres sports, comme en football, lorsqu'un joueur est moins bien du jour au lendemain, il n'est pas pour autant accusé d'avoir eu recours au dopage. Je trouve que ce n'est pas correct.

Une interview de Nicolas Christiaens

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______________________Jouer pour rester jeune, rester jeune pour jouer.

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